Les aventures d’un gentleman voyageur, 117 jours sur un bateau de croisière

Ca vous dirait, vous, un tour du monde sur un paquebot luxueux ? Fendre les mers et océans dans un bâtiment qui défie l’onde en lancinant à peine. Beaucoup en rêvent d’une telle croisière, entre salles de bal, minigolf sur le pont, piscine et aires de bronzage au beau milieu des flots. Simon Allix l’a fait en tant que gentleman voyageur pour une série de documentaires dont le premier des cinq épisodes sera diffusé ce soir sur la chaîne Voyage. Avant de s’embarquer dans cette aventure, le documentariste avait traîné sa caméra en Iran et au Népal, bien loin des destinations qu’il découvrirait durant les 117 jours de ce voyage sur le Queen Elizabeth.

Ayant eu l’opportunité d’assister à la diffusion du pilote, je le crois volontiers quand il affirme que les épisodes qui suivent sont meilleurs. Pour le premier mois à bord du vaisseau de croisière, ce fut une gageure de prendre des images du fait d’un capitaine « seul maître à bord après Dieu » peu conciliant et plutôt frileux quant à la présence d’une équipe de tournage. Entre l’interdiction formelle d’être une gêne pour les passagers et la méfiance envers les journalistes – « On a dû répéter cent fois que nous n’étions pas des journalistes. Ils craignaient qu’on fasse un sujet sur leur main d’œuvre philippine. » – il aura fallu le temps nécessaire pour se faire accepter.

Pourtant, les origines des employés sont une fierté dans la bouche du capitaine lorsque, au cours d’un discours, il félicite la diversité de l’équipage et des passagers. Les tensions ont fini par s’atténuer pour que s’instaure un véritable climat de confiance plus favorable à la réalisation d’un film. C’est donc assez difficile de se faire un avis concernant Les aventures d’un gentleman voyageur, il y a du bon et du moins intéressant. D’abord, il faut reconnaître que pour un tel voyage, il faut être en mesure de prendre de longues vacances qui ne sont pas accessibles au premier porte-monnaie venu. Dès lors, les passagers sont principalement composés d’une clientèle ventripotente plus proche de la tombe que du ventre de leurs mères, rares sont les plans sur des demoiselles en bikini et leurs jeunes paons bodybuildés autour de la piscine. Cela dit, ces plans existent comme dans un élan désespéré de prouver qu’il n’y en pas que pour les grabataires.

La deuxième faiblesse concerne le gentleman en question. Si ce n’est lors d’une séquence de bal pour laquelle il s’apprête, Simon Allix ne présente pas les caractéristiques d’un Arsène Lupin ou d’un Philéas Fogg. Le titre de l’émission en devient un brin mensonger mais il n’est pas impossible de voir notre protagoniste devenir peu à peu le dandy des mers qu’on attend.

Heureusement, il y a des parties intéressantes, notamment celles qui montrent les rouages et coulisses de cette ville flottante. De la salle des machines aux restaurants en passant par la case prison, c’est un régal que de découvrir les personnalités qui composent l’équipage et leurs rôles pour que la croisière se déroule sous les meilleurs auspices. On aime suivre ce gardien qui veille à la sécurité, on est touché par le témoignage cette hôtesse tiraillée entre sa famille et l’équipage avec qui elle passe plus de la moitié de chaque année. Et c’est tout naturellement que l’on se retrouve confronté à la thématique première de cette série, sans s’y être attendu : le départ loin de ses racines.

A chaque escale, courte comme une visite d’appartement, on rencontre des gens qui ont quitté leurs pays pour un autre et sont questionnés sur leurs appartenances. Se sent-on plus chinois qu’américain quand on a quitté la Chine avant son plus lointain souvenir ? Comment perpétuer des traditions ancestrales dans un pays qui ne nous a pas vu naître ? La question des origines, du mal du pays et de l’adaptation est traitée avec une douce curiosité et s’oppose au manque d’empathie pour les riches voyageurs.

Parce que c’est ce qui marque encore, plusieurs semaines après le visionnage de ce pilote, ces petits humains qui sont partis par besoin ou par envie, et font tourner la planète de gens biens plus aisés qu’eux. Et tant pour ces portraits que pour les paysages, les illustrations de Simon Allix, disséminés dans le film et dans un beau livre aux éditions Arthaud, sont teintées d’une poésie réelle, à des lieux de ce que pouvaient laisser craindre les tribulations d’un gentleman.

Les aventures d’un gentleman voyageur, c’est ce soir sur Voyage à 20h40

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Un commentaire sur “Les aventures d’un gentleman voyageur, 117 jours sur un bateau de croisière

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  1. Dommage que je n’ai pas la chaîne en question. Pour avoir fait plusieurs croisières, celç m »aurait intéressé de le voir. Perso, un des aspects les plus intéressant de la croisi§re, c’est de discuter avec l’équipage. Tellement d’histoires et de parcours différents, mais le même espoir qui les guide.

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