La Bible du Grand Voyageur, le guide presque plus important que ton sac à dos.

Voilà quelques jours que je parcours les pages de La Bible du Grand Voyageur, dernier ouvrage de Lonely Planet concernant le voyage non pas comme un circuit touristique mais comme une somme d’idéologies écologiques, économiques et d’échanges… Les citations qui introduisent chaque chapitre le rappellent : le plus important dans le voyage, c’est le voyage. C’est chercher la lenteur, la rencontre et le hasard, c’est prendre le temps de la découverte, oser déclencher l’inhabituel, apprendre la débrouillardise.

Sur ce sujet, le trio d’auteurs – dont font partie Anick-Marie Bouchard, globe-stoppeuse et amie que j’ai déjà évoquée ça et là sur le blog, et Nans Thomassey que vous pouvez voir dans le nouveau succès de la boîte de production Bonne Pioche avec l’émission Nus et culottés – ne se moquent pas de leurs lecteurs en proposant moult conseils allant de la préparation du sac à dos à la route du retour en passant par les déplacements, l’alimentation, le logement, les échanges interculturels et la sécurité. Si une bonne part de ces conseils coule de source pour les initiés, c’est avec plaisir qu’on voit nos méthodes validées et partagées par d’autres voyageurs, c’est tantôt avec surprise tantôt avec la stupeur d’un « Mais pourquoi je n’y ai pas pensé plus tôt ? » qu’on découvre des méthodes et techniques encore inappliquées qui ne perdent rien pour attendre, notamment concernant le revenu en voyage.

Sur le sujet, je dois bien admettre mes lacunes, ayant trouvé du boulot via Internet par hasard plutôt que par de profondes recherches, à la sempiternelle question «D’où tires-tu tes revenus ? » je peux difficilement apporter davantage qu’un haussement d’épaules : Ma méthode pour n’avoir pas le compte en banque dans le rouge consiste à dépenser le moins possible. Ma mère ayant balayé depuis longtemps mes espoirs de travailler en voyageant parce que les salaires du quart-monde ne lui semblaient pas viables, je profitais de retours en France pour travailler un peu entre deux voyages. Cette année, trois semaines dans un cabinet d’avocat me permettent de voyager toute une année. Je ne me suis jamais retrouvé suffisamment dans le besoin pour être contraint de trouver du travail et me disais que je trouverai bien quelque chose en situation urgente. Ca, c’était avant La Bible du Grand Voyageur.

L’avenir dira si des changements majeurs suivront effectivement cette lecture mais il est clair que l’encadré sur les guatémaltèques qui s’engagent à réaliser des missions proposés par leurs donateurs (p.50), les moyens pour monter idéalement un projet afin d’obtenir bourses, partenaires et sponsors m’intriguent, m’amusent et m’inspirent au plus haut point.

La chapitre sur la communication interculturelle m’a particulièrement interpelé en apportant des réponses simples à certains sujets délicats. Le fait de ne pas cautionner toutes les pratiques de l’autre au prétexte que telle est sa culture, par exemple. M’étant toujours gardé de juger quiconque et peu enclin au conflit, remettre quelqu’un en question parce que je ne partage pas son opinion est généralement inenvisageable. Je me demande plutôt qui je suis, moi, l’étranger, pour vouloir changer chez l’autre ce qui ne me convient pas. Cela dit, certaines coutumes méritent d’être discutées et sûrement même d’être combattues aussi farouchement qu’elles le sont dans le livre.

En vieux baroudeur qui a roulé sa bosse, j’ai cherché la petite bête, l’information manquante dans l’optique peut-être de pouvoir participer à une réédition prochaine. Peine perdue, les coquilles sont trop rares pour constituer des reproches sérieux et si la majorité des témoignages ont ce côté « En appliquant cette méthode, nous nous sommes retrouvés submergés par un bonheur béat, le monde est beau, les oiseaux font cui-cui. » – exception faite des quelques excellentes pages de Guillaume Mouton intitulées Freight-hopping : le wagon et le vagabond – ce guide est complet, pour ne pas dire exhaustif, tant pour l’aventurier que pour celui pour qui le confort est primordial, au point de rendre ineptes les conseils du blog puisque les réponses aux questions que vous vous posez et à celles que vous ne vous posez pas sont déjà répertoriées.

Adeptes et néophytes trouveront dans La Bible du Grand Voyageur un document clair et complet dont certains chapitres devraient être enseignés dans les écoles du voyage. Pour ma part, bien que déjà dévoré d’un bout à l’autre, il restera encore quelques temps dans mon sac à dos, pour la piqûre de rappel et pour optimiser les prochains déplacements.

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9 réflexions sur “ La Bible du Grand Voyageur, le guide presque plus important que ton sac à dos. ”

  1. Du coup je l’ai acheté, il est génial ce bouquin ! Merci Antoine !!!
    Petit bémol quand même sur la description des hospex : Couchsurfing est encensé alors que BeWelcome passe pour une repère d’anarchistes !!! Je crains que sur le coup Anick-Marie Bouchard (ancienne membre de la safety team de CS) manque d’objectivité :p

  2. je me le suis offert pour noel!! et vraiment, quelle joie!! je le dévore tous les matins, j’apprends, j’apprends!! tous les aspects sont traités, merci à vous, et merci aux auteurs de ce précieux bouquin!

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